Le "festival du vivre-ensemble" : 15 000 personnes et 150 leaders communautaires de Tombouctou et Taoudénit réunis pour la cohésion sociale et la paix

La Direction du "Festival du Vivre-Ensemble", en partenariat avec le Bureau régional de la MINUSMA, a officiellement lancé, le 10 février dernier à l’auberge du Désert de Tombouctou, la deuxième édition dudit festival à travers une conférence. Cette deuxième édition s’est poursuivi jusqu’au 12 février, à travers des débats citoyens, des prestations musicales d’artistes de renommés nationales et internationales, des visites touristiques, des foires exposition ainsi qu’un tournoi de football. Cette rencontre a réuni environ 150 leaders communautaires de Tombouctou et Taoudénit dans leurs diversités, en présence des Ministres de l’emploi et de la formation professionnelle, M. Maouloud Ben Khatra, du Développement Industriel, M. Mohamed Ali Ag Ibrahim, du Gouverneur de la région de Tombouctou, M. Ahmadou Ag Koina et, de la Marraine de l’évènement, Mme Maiga Aziza Mint Mohamed, Député de Tombouctou. Les présidents des autorités intérimaires de Tombouctou et du collège transitoire de Tombouctou, ainsi que le Chef de Bureau de la MINUSMA à Tombouctou étaient également présents. Dans l’après-midi, environ 5000 personnes, issues de toutes les communautés de Tombouctou et de Taoudénit ont participé au concert d’ouverture au stade municipal. La première note musicale a été offerte au public par la troupe artistique de Tombouctou, gagnante de la biennale artistique et culturelle nationale tenue à Bamako en décembre 2017. Deux débats ont eu lieu à l’Auberge du Désert et à la Maire de Tombouctou. Le premier sur le rôle des leaders communautaires et des élus, dans le cadre de la cohésion sociale et du vivre ensemble. Le second a porté sur l’extrémisme violent, au profit de 200 jeunes de toutes les communautés. Cette séance d’échanges a vu la participation des représentants de la société civile, des leaders de la jeunesse de Tombouctou et Taoudénit, du Maire de la ville, du Député élu à Tombouctou, du Président des Autorités intérimaires de Tombouctou, ainsi que du Chef de Bureau de la MINUSMA, M. Riccardo Maia. Un dîner de gala s’est tenu, le 11 février au soir à l’Auberge du désert, avec la participation des autorités locales traditionnelles et administratives, des organisateurs de l’événement, des leaders communautaires, en présence des officiels venus à Tombouctou pour le festival. Dans l’après-midi du 12 s’est aussi tenu, au stade municipale la finale du "Tournoi du vivre ensemble", initié par le Bureau de l’Information Publique de la MINUSMA, dans le cadre de ce festival. Les festivités ont pris fin dans la nuit du 12 au 13 février par une animation musicale, avec la participation de l’ensemble des artistes locaux de Tombouctou et ceux venus de Bamako. Parmi eux, des artistes au talent internationalement reconnus et ressortissants de la région comme, Vieux Farka Touré ou encore Khaira Arby et Oumar Konaté et Kader.

Festival du vivre ensemble à Tombouctou : L’événement prévu du 10 au 12 février 2018

Ledit point de presse était animé par le directeur du festival, Sahala Maïga, en présence des ministres Mohamed El Moctar, Nina Wallet Intallou, Maouloud Ben Kattra, Mohamed Aly Ag Ibrahim, des députés de Tombouctou dont Mme Maïga Aziza Mint Mohamed, marraine de l’événement, du maire de Tombouctou, Aboubacrine Cissé et d’autres personnalités. Selon les organisateurs de cet événement, le festival du vivre ensemble à Tombouctou a pour objectif de promouvoir le vivre ensemble, de lutter contre l’extrémisme violent, de promouvoir la paix et de favoriser le retour des refugiés. Dans son allocution, le maire de Tombouctou, Aboubacrine Cissé a fait savoir que le vivre ensemble reste et demeure les mots essentiels. Quant à la marraine de l’événement, Mme Maïga Aziza Mint Mohamed, l’essentiel aujourd’hui est la paix et la réconciliation condition sine-qua-non de développement. Avant d’ajouter que ce festival qui se tiendra du 10 au 12 février 2018 sera une aubaine pour célébrer la paix dans la cité des 333 saints. A l’en croire, le Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maïga, chef du gouvernement est le président d’honneur du festival. Selon elle, l’objectif de ce festival est de construire une paix durable afin de remédier la violence. Elle a fait savoir que le festival sera un espace d’échanges et de pardon. Pour sa part, le ministre de la réconciliation nationale et la cohésion sociale, Mohamed El Moctar a souligné que Tombouctou est une ville symbolique qui regorge plusieurs dimensions socioculturelles. « Les Tombouctiens doivent préserver cette richesse. Chacun a un rôle à jouer pour la cohésion sociale », a dit le ministre. Au cours du point de presse animé par le directeur du festival, Sahala Maïga, il ressort que des dispositions sécuritaires ont été prises pour la sécurisation des festivaliers. Selon le conférencier, il y aura des conférences débats durant ce festival qui a un budget de plus de 40 millions de FCFA. Aguibou Sogodogo

LES RETOMBÉES DU FESTIVAL DU VIVRE ENSEMBLE DE TOMBOUCTOU

« Notre seule combat doit être l’unité de notre pays, l’amour entre les fils d’un même pays et le développement de cette ville. J’ai la conviction, que cette ville hébergera des milliers d’étrangers qui viendront chercher richesse et savoir comme ce fut dans le temps, » a souligné le Ministre de la Formation Professionnel, Maouloud Ben Khatra, lors de son discours d’ouverture du festival. Un brassage communautaire pour pouvoir revivre ensemble Le conflit de 2012, a détérioré le tissu social, la méfiance s’est installée entre les communautés et la peur de l’exclusion s’est répandue. Il fallait donc que les communautés se parlent, qu’elles dialoguent, afin de retrouver cet art du vivre ensemble qui depuis des siècles est l’identité de la ville et de la Région de Tombouctou. Deux débats ont ainsi été organisés à l’Auberge du Désert et à la Mairie de Tombouctou. L’un sur " le rôle des leaders communautaires et des élus dans le cadre de la cohésion sociale et du vivre ensemble" l’autre relatif au " rôle des jeunes dans la lutte contre l’extrémisme violent ". Plusieurs artistes se sont produits au cours de concerts mémorables au stade municipal. Parmi eux des ambassadeurs de la région dans le monde entier : Zicozi, Lodia, Vieux Farka Touré, Khaira Arby, Oumar Konaté ou encore Kader, ont permis de faire de ces retrouvailles, une véritable fête populaire. Ces différentes activités qui ont mobilisé, dans leurs diversités, toutes les communautés de Tombouctou et Taoudénit, traduisent leur aspiration commune à la paix et à la réconciliation nationale. Un motif de satisfaction pour Baba Moulaye, le Président du Forum des Organisations de la Société Civile de Tombouctou qui s’en félicite : « que ce soit aux débats, aux concerts, ou à la foire, les communautés, sans distinction étaient ensemble. Ça me fait chaud au cœur de voir qu’on est avec toutes ces communautés en train de parler de la sécurité, de la paix, du vivre ensemble et du pardon. C’étaient de véritables retrouvailles, des moments d’échanges ! » Les jeunes de Tombouctou n’ont pas manqué de montrer leur satisfaction devant une telle initiative qui leur a permis de se détendre sainement, voir même de se défouler : « depuis la crise, c’est la premier fois que j’assiste à un concert de ce genre, avec la participation de toutes les communautés, jusqu’à 2h00 du matin, c’est vraiment un signal fort du retour de la paix dans notre pays ! » s’est réjoui Jamula Hamoudi, habitante de Tombouctou. Le sport est l’un des meilleurs vecteurs de rassemblement et d’intégration. Ainsi, en marge de ce festival, le bureau de l’information publique de la MINUSMA avec la direction du festival a initié un tournoi de football. Cette compétition a permis de rassembler quatre équipes mixtes de différents grains de jeunes, à travers les huit quartiers de la ville les 7 et 8 février au Lycée Mahamane Alassane Haidara et dont la finale s’est déroulée le 12 février au stade municipal, lors du festival. « Je suis envahi par l’émotion, cars nous avons joué dans un cadre très particulier, celui du vivre ensemble. Nous voyons que toutes les communautés sont représentées, cela est un signe de paix et un pas en avant! Peu importe qui remporte la coupe, c’est la paix qui gagne, » a martelé Mohamed Ag Mohamed, Capitaine de l’équipe vainqueur. Rappeler aux jeunes leurs cultures et renouer avec un passé glorieux Au cours de son histoire, Tombouctou a connu plusieurs occupations, notamment touareg, marocaine et peuhl. Chacun de ces peuples est venu avec ses traditions tout en s’acceptant mutuellement, pour vivre ensemble en parfaite cohésion. Les populations ont toujours vécu au rythme de grandes manifestations culturelles, religieuses et artistiques, dans une société où l’éducation du futur adulte n’appartenait pas qu’à sa seule famille mais, à la communauté entière. Tombouctou est considérée comme la capitale intellectuelle et spirituelle et un centre de diffusion de l'islam en Afrique aux XVe et XVIe siècles. Classée en 1988 au patrimoine mondial de l'U.N.E.S.C.O. et en juin 2012 au patrimoine mondial en péril, avec ses trois grandes mosquées Djinguereber, Sidi Yehya, Sankoré, ses nombreux mausolées, ainsi que ses manuscrits anciens qui traitent de nombreux sujets et disciplines scientifiques. La visite touristique guidée par Salem Ould Alhaje, écrivain et historien de la ville, a permis aux jeunes et aux participants venus de Bamako, de découvrir l’histoire de ces grands hommes et femmes, qui ont fait Tombouctou. « Cette visite nous a permis de comprendre le vécu de notre ville et de tous ses milliers d’hommes qui sont venus d’ailleurs. Ils ont été acceptés dans leur diversité à cause du vivre ensemble. Aujourd’hui c’est ce qu’on doit faire comprendre au monde entier, » a déclaré M. Mohamed El Moctar, le Ministre de la Réconciliation nationales l’un des invités d’honneur de cette édition. Un coup de pouce appréciable à l’économique locale Pour appuyer le relèvement de l’économie locale, véritablement asphyxiée par l’insécurité sur les principaux axes routiers de ravitaillement, une foire-exposition a été initiée au stade municipal par la Mairie et la chambre de Commerce. Cette initiative a réunie des commerçants et des artisans, qui ont littéralement cassé les prix de leurs articles pour en faire profiter les clients. « Nous n’avions jamais organisé une foire d’une telle ampleur. Plusieurs jeunes ont bénéficiers d’emplois temporaires, notamment des charretiers, des manouvres. Nous les commerçants, nous avons réussi à liquider nos articles, certains même ont épuisé leurs stocks, » a certifié Abdoulaye Aldjoumat Cissé, le Président du Syndicat des Commerçants Détaillants de la cité mystérieuse. Les retombées économiques de cette activité ont également profité aux hôteliers, aux guides touristiques ainsi qu’aux transporteurs. Seydou Baba Kounta, guide touristique, y a trouvé son compte : « j’ai acheté un véhicule Toyota pour le transport, faute de marchés, ce véhicule est parqué depuis juin 2017. Aujourd’hui, la tenue de ce festival m’a permis de reprendre mon activité et d’avoir une rémunération pour assurer certains besoins quotidiens de ma famille, » explique-t-il.

TOMBOUCTOU FESTIVAL DU VIVRE ENSEMBLE, UNE ODE À LA PAIX

La deuxième édition du festival du vivre ensemble a pris fin hier à Tombouctou. Du 10 au 12 février 2018 dans la cité des 333 saints. Pendant trois jours, un programme riche et varié avec des expositions d’art, une visite guidée de la cité mystérieuse et des prestations d’artistes. Retour en images sur ce rendez-vous culturel qui vise à consolider les liens entre les différentes populations de Tombouctou.